15 janvier 2012
Et si L’Etudiant arrêtait avec les idées reçues sexistes ?
« Etes-vous sûr du métier que vous allez choisir ? » Depuis deux ans, l’Etudiant a adopté cette signature, s’agissant de lutter contre les idées reçues sur les jobs dont rêvent les djeuns pour les aider à en trouver un qui corresponde vraiment à leur profil et à la réalité de leurs compétences. Histoire de leur éviter un naufrage annoncé. Jusque-là tout va bien. Je n’y trouverais rien à y redire si la V2 de la V1 n’avait pas pour « marotte » la meuf dans toute sa splendide niaiserie.
La cagole résolument trop conne pour écrire deux lignes sans fautes d’auretaugraff (visez le vernis à ongles et les escarpins soulignant la futilité de l'aspirante auteure, dont la dite futilité est bien le signe qu'elle ne pourra jamais mais alors jamais devenir auteure), la lolita nymphomane qui veut faire kiné pour manipuler les hommes (la salope diablotine à droite soulignant son caractère mmmmutin), le Kevin qui rêve d’embrasser une carrière footballistique pour rouler des pelles à des « femmes de footballeurs » (blonde of course et avec des seins comme des ballons) et enfin, le deux de tens’ qui désire être accéder à la Présidence pour se taper la première dame de France (en maillot et pas Bernardette beurk).
Et si, en fait, on arrêtait les idées reçues tout court ? Hein, ouais. Notamment celles qui impliquent les femmes, par nature futiles, légères et disponibles, ou réduites à l’expression de fantasmes et d’objet sexuel. Et quid de l’ado qui ne rentrerait pas dans ces schémas ? L’ado gay,for instance, il fait quoi au milieu de tous ces clichés hétéros ?... Véhiculer ces « valeurs » auprès des ados n’est, me semble-t-il, pas des plus pertinents ni des plus responsables pour une publication qui se veut référente sur la question de l'orientation.
Et pour conclure, le coup du fantasme carlabrunisarkozyen ….trouvez-moi un mec de 17 piges que ça tente… !
La campagne est signée Young & Rubicam.

05 janvier 2012
Agence Herezie : zizi rikiki pour machos maous costauds
Cette image est dérangeante.
Elue, dit la réclame, « meilleure jeune agence de l’année » - par qui, par quoi et pour quoi, ça la réclame ne le dit pas mais c’est pas grave ça envoie du rêve - Herezie a choisi de le faire savoir à travers une annonce print.
Aussi, pour se mettre en scène en tant qu’agence auréolée de succès, l’agence a choisi de s’incarner sous les traits d’un nourrisson bien joufflu, manifestement asiatique (faut-il y voir une allusion au développement économique exponentielle de la Chine) pourvu de fort grosses testicules. Le tout pour la partie ou la partie pour le tout : Herezie est une agence qui en a et qui n’a pas peur de mettre ses couilles sur la table, hein. Avec un tel faire-part, le zizi d’Herezie ferait presque passer les vessies pour des lanternes.
Testicules are succesful ? Comment en effet mieux exprimer le parti pris de ces agences qui nous délivrent chaque jour leur cohorte de publicités sexistes, qui avilissent purement et simplement le métier de créatif en apportant chaque jour leur pierre à l’édifice de la misogynie. Rappelons que selon des chiffres récents, seuls 3% des créatifs d’agences de publicité seraient des femmes.
Et s’il s’était agi d’une petite fille, lui aurait-on photoshopé une paire de flotteurs digne du Titanic ? J’en doute car, au-delà de l’aspect pédophilistico-porno-provocateur du truc, une paire de seins n’a, pour ces messieurs les publicitaires, jamais véhiculé la combattivité, le courage, l’ambition VS la maternité, la douceur, la séduction. Bref, vis-à-vis de l’orthodoxie publicitaire, tout cela relève autant de l’hérétique que le duffle-coat de Nadine Morano.
Parue dans Stratégies et sans doute d’autres canards b to b de la pub qui se la pète, c’est un clin d’œil entre initiés, comme un élu ferait un clin d’œil au portier d’un club échangiste. Une tentative de saillie médiatique qui vise bien évidemment à faire le buzz à tout prix. Postée sur la page Fessbouk de l’agence, celle-ci a dû être retirée et retouchée. Classique.
Pour info enfin, Herezie est également l’agence qui avait signé les campagnes d’Isla Delice et dont j’avais parlé il y a quelques mois ici.

04 janvier 2012
LG aspire gros, gras et sexiste !
Merci ô toi Docnews pour cette pépite.
Oyé la ménagère, tu voulais une lipo?
En pleine polémique Dukan sur la pertinence de discriminer ces ados honteusement obèses (ou anorexiques) au moment du bac, cette publicité destinée à promouvoir de nouveau modèle d’aspirateur « LG Kompressor Elite » - comme l’agence d’escort girls vous savez - fait littéralement gras double, car sexiste ET anti-gros.
Bon alors c’est sûr qu’en sa qualité de marque coréenne du Sud , LG peut se la jouer nettement plus funky, fun et bigarré. Un aspi dans le cul et tout n’est que glamour. Plus d'aspi et les bourrelets de Barbie se répandent comme un flamby sur un power plate. Tellement drôle ploum ploum pudding. Pis la grosse, hein, évidemment, elle va aussitôt se désaltérer, la gourmande.
Que l’aspi en question dispose d’un « suction’Dyson top » ou non, LG sucks. Pas drôle, pas créatif et si c'est pour aspirer inspirer de telles merdes, autant s'abstenir.

03 janvier 2012
Anaïs Misfits citée par Le Parisien.fr, "Des points au bac pour les minces : la proposition de Dukan fait réagir"

30 décembre 2011
Genre: l'enseignement mène campagne contre les clichés sexistes à l'école
« Est-ce que les filles qui n’aiment pas le rose sont quand même des filles ? »
« Est-ce que je dois vraiment être fort parce que je suis un garçon ? »
« Est-ce que, même si je suis une fille, je peux vouloir devenir pilote d’avion, chirurgienne ou exploratrice ? »
« Et les garçons qui n’aiment pas le foot, sont-ils vraiment des garçons ? »
« Qui de Madame Ourse ou de Monsieur Ours deviendra ingénieur ? ... Qui passe l'aspi Mme Connasse ou son mari ?»
En ce dernier jour ouvré de l’année 2011 et reprenant un peu de service après quelques semaines de trêve (des confiseurs, mais pas que) je voulais évoquer cette initiative conduite par la Fédération de Paris de la Ligue de l'enseignement qui vise à déconstruire les stéréotypes sexistes liés au genre véhiculés à l’école.
Il s’agit en fait d’une opération à destination de toutes les classes de CP et de CE1 de Paris. Avec l’appui d’un matériel pédagogique (livrets à destination des élèves et livrets pour les parents, affiches, guide pédagogique pour les enseignants), ce sont ainsi 1 400 classes qui ont été sensibilisées depuis novembre dernier. Le tout accompagné de débats en classe puis entre enseignants, éducateurs/trices, animateurs/trices, parents d’élèves, séance ciné en lien avec la thématique filles-garçons, conférence pédagogique. Le livret destiné aux élèves représente un ours effectuant plusieurs activités (avec un fer à repasser, un rouleau de peinture, devant un ordinateur...), et il s'agit de cocher une case "Madame Ourse", "Monsieur Ours" ou "les deux". Qui fait le ménage Mme la pondeuse Ourse ou M. jmebranleleguidou Ours ? Le livret remis aux parents revient lui sur les idées reçues liés au genre, rose VS bleu etc.
« Il y a quelques années, on s'était rendu compte qu'à plusieurs reprises des enseignants faisaient allusion à des violences qui trouvaient leur origine dans des mots ou comportements sexistes (…) C'est un peu normal que les enfants utilisent du vocabulaire dont ils ne maîtrisent pas complètement le sens, sauf qu'avant une partie du vocabulaire ne franchissait pas la porte de l'école, maintenant c'est le cas (…) Plutôt que d'attendre que ces comportements arrivent au collège, où les élèves sont par ailleurs confrontés à des problématiques liées à la sexualité, on s'est dit qu'il fallait réfléchir à un dispositif en amont», avait expliqué à l’AFP Philippe Guez,le Vice-Président de la Fédération.
Sur cette même thématique du genre, je ne pouvais pas résister à l’envie de partager avec vous cette vidéo de l’incroyablement fabuleuse Riley, 10 ans et déjà féministe, s'insurgeant contre les codes que l'on veut lui faire adopter, et élue « Martienne de l’année » par l’excellent blog féministe éponyme.

16 décembre 2011
Calendrier Ryanair 2012, « Les prix sont chauds, notre équipage aussi !»
Chaque fin ou début d’année, nous sommes gratifiés de calendriers en tous genres. L’an passé j’avais d’ailleurs relevé quelques initiatives dignes de camionneurs en mal d’auto-stoppeuses. Dans ce cas précis, il n’est point question de transport routier mais de transport aérien. Et plus précisément du sublime calendrier conçu par Ryanair ainsi que de la campagne media afférente « Les prix sont chauds, notre équipage aussi !». La chose met en scène les « plus belles » hôtesses de l’air de la compagnie, toutes ambassadrices volontaires pour cette opération qui, évidemment est « avant tout » une opération de charité sur pattes. 3 éditions, 500 000€ récoltés mais 85 000€ sur le dernier opus.
Une si belle campagne n’est pas passée inaperçue, notamment auprès des collaboratrices des jolies pépettes en brochette, dont l’une d’entre elles (les collaboratrices hein) a lancé une pétition en ligne sur Change.org près de 10 000 signatures et autant de commentaires pas tellement tellement emplus d'amour à l'égard de Ryanair. "Nous nous donnons beaucoup de mal pour assurer la sécurité. C'est une priorité pour nous de veiller sur nos passagers contrairement à nos maillots de bain et nos sous-vêtements", a déclaré la jeune femme dans les pages du très sérieux Guardian.

Michael O'Leary, le "boss" entouré de ses poulettes

La publicité tout aussi low cost


09 décembre 2011
Print’n’Go, on ne baisse pas son froc mais on enlève sa culotte !
Dans un genre tout à fait culotté, on peut dire que cette petite pastille de très très bon goût signée de l’agence Print’n’Go parue dans les pages du très masculin Nouvel Economiste de cette semaine, fait son effet. Et, tel que l’annonce l’accroche « Nous ne baissons que les prix », il y a fort à parier que les « créatifs » à l’origine de cette publicité aient, eux, bel et bien craqué leur slip.
Une manière de dire que chez Print'n'go, on ne baisse pas son froc devant ses clients? Affichage mobile, street marketing et impression tous supports...une campagne qui ne sera pas sans laisser quelques traces de freinage… Ouais moi aussi je peux faire dans le classieux si je veux.

07 décembre 2011
70% des personnes en situation de dépendance en 2060 seront des femmes
C’est ce que révèle une étude conduite par l'Institut national des études démographiques (Ined). Espérance de vie plus longue, fin de vie en solitaire – veuves quoi - nous autres pondeuses en fin de cycle demanderons davantage d’attention que nos congénères mâles ayant atteint un âge avancé, qui eux, sont selon cette même étude auraient plus de facilité à se maintenir autonomes. Congénères qui par ailleurs continueront de décéder avant nous, mais de moins en moins tôt. Oui oui oui, l’augmentation de l’espérance de vie des hommes est en effet désormais plus rapide que celle des femmes.
Actuellement les femmes sont – toujours - les principales pourvoyeuses d’aide au sein de la famille, auprès de parents ou conjoints.
« Lorsqu’ils aident, hommes et femmes n’apportent pas le même soutien. Les femmes y consacrent en moyenne plus de temps, environ 2 heures de plus par jour lorsqu’elles interviennent seules auprès des parents ou du conjoint. Dans ce dernier cas, il s’agit d’une activité effectuée quasiment à plein temps : elles s’occupent quotidiennement de leur mari durant en moyenne 9 h45 (7 h 20 pour les époux), l’implication des enfants étant moins soutenue (4 h 30 pour les filles et 2 h 40 pour les fils) » dit l’étude.
Or avec cette évolution démographique, les hommes devront de facto prendre le relais. Ainsi, une part croissante de ces messieurs seront amenés à devenir nos dévoués aidants potentiels. Avec sans doute une spécialisation des tâches….soins du corps par des homologues meufesques et tâches administratives ou achats par ces messieurs. Mais reste à définir le financement de la chose. Et là, il y a clairement de quoi laisser mamie dans les orties.
L’étude de l’Ined in extenso c’est ici :
http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1564/publi_pdf1_483.pdf

05 décembre 2011
100 000 pages vues sur le blog !
Séquence ouate ze fuck, le blog anti-miso-boulot-dodo a passé le cap des 100 000 pages vues.
Alors, merci !

25 novembre 2011
Un bien navrant 25 novembre 2011, Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes !
Ce 25 novembre c’est la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes… c’est également la Journée de la Jupe, initiée par le collectif Ni Putes Ni Soumises.
L’an dernier, je vous avais saoulé(e)s parlé de la problématique jupe, féminisme et modernité. Une problématique non circonscrite au cercle des féministes, mais un enjeu de société. La jupe, symbole pour certain(e)s de disponibilité sexuelle dont il ne fait pas bon se vêtir.
A ce titre, j’avais trouvé fort pertinente la campagne « En jupe et pas soumise » menée par Ni Putes Ni Soumises, et un peu moins la vente aux enchères de jupes de célébrités parce qu'aucune n'avait daigné assister à la dite vente. Bon force est de constater que cette année l’association pâtit des guerres intestines qui semblent voir considérablement ébranlé son capital sympathie médiatique. Si le panache est quelque peu entamé, donc, il n’en reste pas moins que l’association remonte au créneau. Et elle a bien raison. Avec un outil high tech, une application smartphone "Toutes en jupe" dont les recettes du téléchargement - payant 0,79€ - seront entièrement reversées à l'association.« Toutes en jupe », permet de manière ludique d’ "enjuper" vos proches, vos amis ou encore des passants, à partir d'une photo, à partager ensuite sur Facebook et Twitter. La campagne de lancement est signée comme l’an passé par Euro Rscg BETC. Plus d’infos ici.
Ce 25 novembre je ne peux pas l’évoquer sans vous dire toute mon indignation à l’égard de la vile agression dont a été victime Caroline Sinz, journaliste de France 3, alors qu’elle exerçait son métier de journaliste sur la place Tahrir au Caire.
Non que je souhaite en faire le symbole des oppressions et des luttes qui restent à mener, mais je voudrais néanmoins dire tout mon dégoût et toute ma rage à la vue de ces images montrant une femme happée puis violentée, traînée par une foule bestiale de jeunes hommes mus par une pulsion rageuse de palper de plus près ce qui semble être la seule présence féminine du rassemblement, très exclusivement masculin. Les journalistes Mona Elthawy et Lara Logan avaient subi il y a quelques mois pareil assaut. Consternée à l’idée qu’en 2011 être une femme justifie encore de se dissimuler pour échapper au pire.
"Nous étions en train de filmer dans la rue Mohamed Mahmoud quand nous avons été assaillis par des jeunes de quatorze ou quinze ans (...) Nous avons alors été agressés par une foule d’hommes. J’ai été tabassée par une meute de jeunes et d’adultes qui ont arraché mes vêtements" a déclaré Caroline Sinz.
Cette horde venue défendre ses droits, qu’a-t-elle à reprocher à une femme journaliste dont la vocation est précisément de relayer leurs aspirations à une société plus juste ? D'être une femme.
En cliquant ici vous trouverez le reportage tourné avant l'agression et diffusé hier soir sur France 3, la journaliste y parle de jeunes "sans reprères ivres de leur nouveau pouvoir". Quel aplomb lorsque, face caméra, Caroline Sinz déclare en conclusion du reportage : "J'ai été empoignée par plusieurs hommes et j'ai subi une agression sexuelle au milieu de tout le monde, en plein jour"
Ci-dessous les images de la télévision égyptienne...
Egypte : Les images de la journaliste encerclée... par Nouvelobs

22 novembre 2011
Anaïs Misfits en lice pour le Grand Prix des Blogueuses ELLE 2011
C’est la dernière ligne droite.
Je suis en lice pour le Grand Prix des Blogueuses Elle 2011. Les rédactions de Elle et Elle.fr ont sélectionné 120 blogs classés parmi les catégories : beauté, mode, chroniques, création, cuisine, dessins, littérature, mamans-bébés, voyage, société, love & sexe et cinéma.
120 blogs sélectionnés dans 12 catégories
Anaïs’Misfits boxe dans la catégorie « société ». La gageure est belle et je m’enthousiasme de la relever. Un clic par jour ici jusqu’au vendredi 2 décembre minuit. Juste huge d'avoir été sélectionnée !
Bref, je souhaitais saisir l'occasion pour faire le point sur l'objet-même de ce blog.
Ce que j’essaie de porter sur mon blog ne se revendique d’aucune chapelle.
Je m’applique à y montrer que le féminisme, loin d'être un concept que l’on évoque cigarette à la bouche et coupe de champagne entre deux colloques, irrigue toutes les "fonctions" de ma vie de femme active et de consommatrice.
Je défends sur ce blog un féminisme pragmatique qui se vit au quotidien, qui ne m’enferme ni dans un rôle militant ni dans un rôle de victime perpétuelle.
Ce blog « anti-miso-boulot-dodo » accueillera bientôt son 100 000ème visiteur. Entamé en juillet 2009, je l’ai voulu comme un manifeste plus global contre la monotonie et l'indifférence ambiantes. Très vite mes billets se sont recentrés sur les sujets de société et en particulier celui du droit des femmes. La « fâme », à la fois objet et sujet publicitaire, aussi prompte à faire sien le discours des marques qu’à intérioriser les angoisses qu’elles instillent.... Et cela sans en avoir nécessairement conscience.
Dans une indolence toute légitime - on n’a pas envie de s’emmerder tous les jours à défendre nos droits – nous autres pondeuses lâchons prise face à ce que la société du spectacle nous adresse. Ma petite maïeutique de l'inconscient intervient alors. Mettre en exergue le double sens, le ressort publicitaire, la mécanique insidieuse qui jour après jour apporte sa pierre à l’édifice du sexisme.
Que l’on ne se méprenne pas. Je ne suis pas anti-pub. Bien qu’au fait des combines des annonceurs pour nous vendre du rêve, pour avoir exercé dans cette sphère, je sais (encore) faire la part des choses.
Partant donc du postulat que dans le concert de ces nouveaux média que d’aucuns qualifient de « conversationnels », je pourrais tout aussi bien faire entendre ma petite musique, j’ai décidé d’ouvrir ma gueule.
Pour me suivre sur Twitter c'est ici et sur Facebook c'est là
J'ai également sévi sur le Plus du Nouvel Obs c'est par ici

21 novembre 2011
Intersport muscle ses campagnes, le porc commence ici.
Le ressort des 3 spots signés H pour Intersport c’est un peu l’appel vers l’ailleurs. Le sport et sa transcendance.
Pour Noël, chez Intersport, on nous offre - enfin autrui nous achète - le cadeau qui nous emporte vers de nouveaux horizons, nous transporte vers l’ in medias res de ce que l’imaginaire collectif définit comme étant emblématique du sport pratiqué par l’heureux - et non l’heureuse - destinataire du cadeau de choc : un t-shirt de surf et hop j’ai des ersatz de Pam Anderson qui vampirisent et minaudent, un polo de rugby et hop j’ai des colosses sanguinaires prêts à en découdre, un vélo de cycliste et hop une team de joyeux grimpeurs fait son apparition.
Mais ce « nous » de « on nous offre - enfin autrui nous achète » est un « nous » excluant. Car évidemment, humour grivois oblige, les meufs elles sont reléguées au rang de bobonne ou de salope sur canapé. Pas plus sexiste que d’autres ? Mouais. Pourtant, mettrait-on des éphèbes en moule-bite pour vanter la promesse de la marque ? C’est qu’en fait, Mesdames, le sport ce n’est manifestement pas pour vous. En tous cas la marque a décidé que vous ne seriez pas son public cible. Je m'interroge, doit-on sincèrement le regretter ?
Le sport porc commence ici.
Par ailleurs, que dire de ce shot totalement subliminal que l’œil de lynx que je suis n’a pu zapper. Deux cyclistes qui s’enfilent devant un garçonnet. Pédale, vous avez dit pédale ? La touche gay friendly du réalisateur ?
Les spots in extenso

18 novembre 2011
NRJ Paris, poules de luxe pour pub "sexy"
Ça c’est sûr, c’est autre chose que France 3 Paris Ile de France Centre. NRJ Paris c'est « The place to be », en l’occurrence la place Vendôme et son obélisque, devant lequel se dressent quatre jeunes femmes, présentatrices et manifestement égéries de la chaîne.
En brochette : des gambettes, des blondes (et une brune), des talons (voire platform shoes), des paillettes, du strass, du doré qui m’évoquent respectivement le chic post RDA d’un tailleur Pimkie, l’élégance désuète des professionnelles lilloises du Carlton ou encore l’obsolescence du système politico-médiatique par temps de pluie. Comme un postillon jeté sur la pétillance d’un fond couleur champagne. Une annonce genre Sex & the City façon maroille.
Moi je dis, la « La télé luxe glamour people » a de beaux jours devant elle. L’avenir de la femme, lui, semble dos au mur.

10 novembre 2011
Chez American Apparel, le droit de cuissage, c’est aussi dans leur pub !
Signée par le photographe irlandais Tony Kelly, la nouvelle campagne d’American Apparel fait vraiment l’effet d’un coup de pied au derrière.
Il faut bien sauver la baraque de la faillite après l’éclosion de plaintes pour harcèlement sexuel déposées à l'encontre du patron et la grave remise en cause du caractère « responsable » des modes de production de leurs vêtements. Pour cela la marque a imaginé une campagne choc.
En fait, ce qui irrite c’est cela : la femme, elle reste docile et impassible, genre « tiens j’ai l’impression que quelqu’un m’a mis un doigt le c… ». Seul un visuel la montre initiant un coup de genou dans l’entrejambe de son partenaire. Enfin, elle semble plutôt lui caresser lascivement l’entrejambe. Lui, la prend, la retourne. Le parti pris c’est « Françoise je te prends je te retourne »
Peut-être un « pied » de nez aux déboires judiciaires du big boss. Mais quitte à mettre les pieds dans le plat, autant ne pas s’y prendre comme des pieds.

09 novembre 2011
Les "Monologues voilés" lèvent les voiles. En avant, toutes !
« Pour le mari, la femme est un champ à labourer ». Les « Monologues voilés » s'ouvrent sur cet aphorisme pour dérouler ensuite une galerie de portraits. Eloge de la sensualité orientale et désillusions cruelles de femmes turques, iraniennes, marocaines, somaliennes, évoquant tour à tour leur parcours de mère, d’amante, de victimes. Mariées de force, grandes amoureuses, violées, excisées, ardentes amantes, occidentales converties, lesbiennes.
Je vois déjà ciller celles et ceux qui pourraient taxer la pièce d’islamophobie au nom d’un « certain » féminisme. En quittant le théâtre, un sexagénaire dit à sa femme « mais en fait ce n’est pas tellement sur le voile ». Non, en effet. Il ne s’agit pas d’une diatribe militante contre le port du voile. Les « Monologues voilés » – et non les monologues du voile - lèvent le tabou de ce qui anime les femmes d’Orient.
« Douze monologues, douze portraits de femmes musulmanes, tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt poignants, tantôt tendres… et toujours émouvants. A travers l’intimité de ces femmes, un regard inédit, sans voyeurisme ni tabou. Sur scène, quatre comédiennes ouvrent une fenêtre sur des itinéraires contrastés où les joies, les peines, la sexualité, la jouissance, l’amour, les interdits, les contraintes traditionnelles et familiales s’entremêlent. »
Cette pièce spin off des « Monologues du vagin » - l’auteur des « Monologues voilés », Adelheid Roosen, a été l’une des interprètes de la version hollandaise en 2003 de ceux du vagin- m’a très agréablement surprise, amusée et interpelée. Pas de militantisme, juste le concert des petites et grandes voies des femmes qui laissent entendre leur petite musique intérieure. Et quelle musique. Sur scène, la voix mystique de Hassiba Halibi enrobe l’atmosphère comme une traînée d’encens. Poudré et âcre. Pas d’ethnocentrisme bien-pensant, mais une ode au relativisme culturel. Mais une description crue et factuelle de la vie d’un sexe de femme excisée qui ne juge ni ne condamne, récuse la compassion occidentale et le regard accusateur.
Sans vouloir "déflorer" la mise en scène, une session très pédago vient éclairer le public sur l’hymen, la défloration – la fameuse tâche de sang garante de la virginité de la mariée - et sa reconstruction via diverses techniques savamment illustrées sur scène par le modelage d’un chewing gum rouge et autres cabrioles équivoques que réalisent les formidables interprètes.

Dans cette vague de montée d’intégrismes divers et timbrés, cette pièce résonne comme un appel au bon sens. A voir, absolument !
Plus d’infos sur : http://www.lesmonologuesvoiles.fr/galerie.html
La musique du spectacle est en écoute ici
Extrait de la pièce
Sur scène :
Jamila Drissi
Morgiane El Boubsi
Hoonaz Ghojallu
Hassiba Halabi
Mise en scène : Adelheid Roosen
Traduction : Anne Vanderschueren
Assistante à la mise en scène : Nassima Benchicou
Musique et chants : Hassiba Halabi
Lumières : Geldof Verhaart & Den Ottolander
Scénographie : Adelheid Roosen
Costumes : Alain Wathieu
Version scénique : Isabelle Wéry
Dramaturgie : Dirkje Houtman
Travail du mouvement : Jamila Schoeren
Décor : Adelheid Roosen
Vidéo : Mijke De Jong & Titus Tiel Groenestege
Recherches : Adelheid Roosen & Liebeth Maas

07 novembre 2011
La séduction par Dim - Futilité ou sexisme ?
Un peu moins viles que la campagne « Dim vous rend les seins ronds et fermes de vos 20 ans », les nouvelles réclames print de la marque m’agacent un chouia. Chosifier le corps de la femme, on le sait, c’est précisément le parti pris créatif de nombreuses marques de lingerie. Messieurs les créatifs, ras-su-rez-vous, les clichés sexistes l'éternel féminin a encore de beaux jours devant lui. La campagne est signée Publicis 133.
La femme, objet de désir, à la futilité compulsive, addicte à la séduction.
Les lignes du collant, celles de la femme qui le porte, celles de la Tour Eiffel (un rien phallique).
La provocante, incendiaire, qui attise sciemment le désir. Visez-moi ces béquilles, pas exactement ce que le commun des mortels appellerait des poteaux. En somme, le plus beau potal de Paris.
La femme vénale qui repère en vitrine la bague à se faire offrir par monsieur qui pourvoit à ses désirs.
Pas exactement sexiste, pas exactement l'inverse non plus. Enervant et navrant.

05 novembre 2011
Gleeden, l’adultère labellisé « pensé par des femmes ». So what ?
Avec pour seul parti pris créatif une pomme rouge vif en guise une métaphore biblique pour inciter leurs prospectes à croquer le fruit défendu, le site de rencontres extra-conjugales Gleeden avait suscité (un peu) l’émoi médiatique. Cet appel à l’adultère avait semble-t-il interpellé.

Ce qui moi m’interpelle ce n’est pas tant le fond de l’histoire. Industrialiser le process de coucheries hors cadre, d’autres sites le proposaient déjà, chacun(e) pouvait s’y déclarer célibataire. La légende urbaine veut qu’il y ait sur ces sites de nombreux hommes mariés. En moyenne un tiers des inscrits. Un filon pour Gleeden et un appel à la revanche pour toutes les femmes bafouées.
Si bien qu'en bas de la réclame, Gleeden a désormais apposé la mention « pensé par des femmes ». Labellisé façon halal ou cacher. C’est permis, ce sont tes semblables qui s’adressent à toi. Gnnnnneuuu, venez Eve, Marie-Madeleine, Jézabel ou Lilith, venez un peu vous faire plaiz’ .

« Un site qui révolutionne l’image de la rencontre adultérine, auparavant puissant tabou virtuel et aujourd’hui pratique libérée et vécue en élégance grâce à Gleeden ».
Un appel implicite à l’émancipation du joug patriarcal. Seraient-elles féministes les apôtres d’une nouvelle révolution sexuelle, celles-là mêmes dont on nous dit qu'elles auraient imaginé le site "pensé par des femmes"? Oui. Pour la modique somme de … ça personne ne le dit. En fait on s’en tape, 72% seraient cadres supérieurs et un membre sur cinq travaillerait dans la banque ou la finance. Force est de constater que le site est à proprement parlé bien « membré » puisqu’il compte un million de convertis et s’appuie sur une diaspora de faux-cul à travers 150 pays.
Et puis ce label « pensé par les femmes » encourageant les meufs à s’inscrire, c’est aussi et surtout un moyen comme un autre pour gonfler ses rangs de minettes, véritable produit d’appel, on le sait, des sites de rencontres. Comme en boîte de nuit : pas de meuf, pas de mecs, pas de business.
Bon et puis cette mention « pensé par des femmes »,elle me laisse carrément perplexe parce que le co-fondateur de Gleeden est un homme. Rien de mâle en soi, mais alors autant s'abstenir d'en faire un argument marketing.
Pour conclure, je vous invite à lire ce papier de Daria Marx sur les coulisses du lancement du site il y a quelques mois…comment acheter des blogueurs et avec quelle plateforme de discours.

31 octobre 2011
Taxer les faux seins, le remède anti-crise de David Cameron !
Les Anglais l’appellent déjà la « Boobs tax ». A faire tous les fonds de tiroirs pour glaner quelques millions de pounds, un chirurgien sadique ne s’y prendrait pas mieux que David Cameron pour planter dans la cuisse bien grasse de la sécu une fistule à liposuccion.
Ladies, David Cameron envisage très sérieusement de taxer à hauteur de 20%la pose d’implants mammaires (voire les liftings et les lipos) intervenant dans un cadre purement esthétique.
Selon l''Association britannique des chirurgiens plastiques et esthétiques, cette taxe pourrait "potentiellement nuire à un grand nombre de patients. Elles impliquent que toute procédure qui corrige l'apparence plutôt que la fonction n'est pas un besoin médical (...) Ces opérations cosmétiques sont souvent voulues par des personnes qui veulent se sentir mieux dans leur corps".
Elles sont tellement futiles ces meufs que ça ne coûte rien et ça peut rapporter gros de leur donner un deuxième coup de semonce quand elles n’aspirent, elles, qu’à mieux se conformer aux canons de la beauté commerciale. Culpabiliser un peu plus les femmes de ce qu’elles doivent se conformer - mais pas trop - aux diktats semble faire recette. Les implants mammaires constituent pour sûr l’opération la plus répandue et par conséquent la plus rémunératrice pour l’Etat. A la clé 500 millions de livres par an pour le Trésor. Ça en fait des boobs.
Et sinon, la « dick tax », personne n’en a pipé mot.

27 octobre 2011
Campagne Inpes, le contraceptif c'est automatique ! La pilule, non.
Ce spot de l’Inpes visant à encourager les femmes de 20 à 35 ans à adapter leur contraception à leur rythme de vie n’est pas sans me rappeler celui de Zalando. La thématique braquage est semble-t-il dans l’air du temps pour s’adresser aux pondeuses.
Mais le ton se veut débonnaire voire léger. Une manière sans doute de faire passer le message sans culpabiliser les petits ovaires sur pattes. Si bien que ce qui terrorise la minette otage de braqueurs aux faux-airs de clowns made in Batman The Dark Knight (celui avec le Joker) ce ne sont pas tant précisément ces criminels aux faux-airs de clowns made in Batman The Dark Knight, (celui avec le Joker) que le fait d’oublier sa pilule. Quoiqu’en fait, avec leurs masques et leur maquillage blanc, ces criminels aux faux-airs de clowns made in Batman The Dark Knight (celui avec le Joker) auraient plutôt la tête de spermatozoïdes ayant mal vécu l’action d’un antifongique.
Le tout manque d’aspérités. Mais pour une fois, on ne renvoie pas les femmes à l’éternel « tu l’as voulu ben tu l’as eu, assume et démerde toi connasse ». Et l’Inpes de dire, « Si tu es une tête de linotte, une gourgandine, une grande étourdie, fais-toi poser un stérilet ». Un Joker de plus à la fatalité, en somme. Parce que le conctraceptif, c'est automatique !
INPES Contraception from Doc News on Vimeo.

25 octobre 2011
L'agence Influelse le dit "Nos attachées de presse sont bonnes"
Outre le fait de nous avoir gratifié de couvertures fictives 1/sexistes 2/laides 3/voire les deux, le numéro Spécial 40 ans de Stratégies, THE bible des pubeux, marketteux et communicants en tous genres, s'est "amusé" à demander à tout ce joli monde de la com de publier dans ses pages des réclames à la gloire de leur 40 ans de sévices. Humour grivois, concupiscence et branlage de mamouth sont au rendez-vous. Comme dans une bonne prise de brief chez le client, en somme.
Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés dit l'adage. Force est de constater que l'adage dit vrai. Je vous disais ici qu' "on" m'avait dit que "notre" métier était de continuer à être "les plus belles putes du monde", je crois qu'il y a une agence qui a bien saisi le concept. "40 ans un petit coup de mou? Nos attachées de presse sont BONNES pour lutter contre les pannes médiatiques". Ca, c'est signé de l'agence Influ[else], agence de RP digital et événementiel. Clients, prospects, collaborateurs, ça envoie du bois question marque employeur, hein ? Et, sinon, j'ai un scoop, il y a aussi des attachés de presse. Et puis dans les vraies agences, on dit consultant. Ah et enfin, "vos" attachées de presse ne sont pas plus les "vôtres" que celles de quiconque. Elles sont elles, basta. Ca passera sans doute à mille lieues au dessus de la tête de tous ces braves patrons de com.
Les bonnasses apprécieront. Ou pas.












































