Anaïs' Misfits

Le blog anti-miso-boulot-dodo. Le récit de mes méfaits diurnes et/ou nocturnes. Blog d'humeur et de mauvaises humeurs.

mardi 21 juin 2011

Le féminisme façon « Osez le clito » frise-t-il l'overdose ?

Préambule :

Je m’en suis souvent fait l’écho ici, pour moi le féminisme ne doit pas être QUE le chapelet des horreurs perpétrées à l’encontre des femmes. Cette réalité existe et elle me révolte. Passé cela, doit-on ruminer sans cesse une haine viscérale de l’homme ? La conceptualiser comme l’on fait un siècle en arrière les premières féministes.

  

Un discours mainstream devenu parole d'Evangile  

 

Dans les media, dans la blogosphère, sur Facebook, la définition du féminisme c’est peu ou prou la ligne définie par Osez le Féminisme et Caroline de Haas et/ou La Barbe. Cette hégémonie médiatique – être la collaboratrice du porte-parole du PS doit sans doute aider – ne me dérange pas en tant que telle. Les idées qui visent à défendre les droits des femmes – c’est là ma définition du « gros mot » qu’est le féminisme – doivent avoir voix au chapitre, toutes entités féministes confondues. Je salue d’ailleurs du relatif mea culpa des media dans l’affaire DSK initié timidement sous leur impulsion. Pour autant, je suis lasse de devoir applaudir à toute initiative du collectif. Lorsqu’on ne pense pas exactement selon la ligne définie par le parti le collectif, on est contre le collectif, qui se dit alors « victime » d’attaques sans fondement. Cherchez le dialogue, vous trouverez un mur.

 

On n'est pas que des chattes !

 

 

Partant du postulat que « en matière de sexualités, l’égalité femmes - hommes reste à construire et [que] l’intimité reste un lieu de pouvoir masculin », Osez le Féminisme a lancé une nouvelle campagne, cette fois-ci destinée à aider les femmes à mieux connaître l’intérieur de leur dedans par le truchement de leur clitoris. Je ne parlerais pas de la forme, pour me concentrer sur le fond (sans mauvais jeu de mot). Osé dans sa forme sans doute, dans le fond j'en doute.

 

OLF

Intitulée « Osez le clito », la campagne explique que le clito est un organe du plaisir « très souvent oublié, considéré comme mineur ou cantonné aux préliminaires », (ça c’est pour dire que tous ces connards de mecs n’ont jamais su le trouver ou alors s’en contrefoutent dès lors qu’ils satisfont LEUR plaisir égoïste). Après le viol, la prostitution, les femmes de chambres et donc re-le viol, le clito. Mais vous savez, le féminisme ça peut aussi se situer ailleurs qu'au niveau de l'entrejambe.

« Construite depuis des millénaires autour du pouvoir des hommes sur les femmes, [notre société] est-elle prête à accepter que ces dernières puissent s'émanciper dans un domaine clé : la sexualité ? »

Mais évidemment, comme souvent avec Osez le Féminisme, une fois évoqué le plaisir à être femme, il faut faire acte de contrition, c’est-à-dire reprendre le schéma classique de pensée du collectif :

- « dénoncer » les violences faites aux femmes : là c’est l’excision (achtung : je ne remets pas en cause l’ignominie qu’elle constitue hein, simplement son utilisation dans l’articulation d’un discours pré-calibré)

- en « remettre une couche » sur ce que la domination des hommes sur les femmes, quelle qu’elle soit, repose sur la sexualité. Hum…on aura beau dire et beau faire, l’homme est pourvu d’un pénis et la femme non.

- « faire de la pédago » façon « idées reçues » avec des chiffres qu’ « on nous cache » et qu’Osez le Féminisme prend le parti hautement stratégique de révéler au grand jour : là c’est la resucée de la théorie du complot.

- expliquer pourquoi le clito « fait peur » : ça c’est pour dire que nous les fâmes nous sommes d’éternelles incomprises et que l’inconnu fait peur. Bla bla bla Faudrait veiller à renouveler vos leviers de com, mesdames.

 

Par ailleurs, cette revendication, comme le précise le collectif, se pose me semble-t-il en opposition avec une sexualité hétérosexuelle : « Nous voulons affirmer par cette campagne que les sexualités des femmes sont multiples, se vivent indépendamment de la reproduction et ne sont pas forcément complémentaires du sexe masculin ». En gros, les pondeuses et les hétéros, seraient dans l’erreur. Je vais faire hurler, je pose la question : le « vrai » féminisme ne s’adresserait-il qu’aux adeptes du saphisme ?  Et quand bien même, qui a dit que les lesbiennes n’avaient pas le droit d’avoir leur sexualité?  Elles n’ont pas attendu Osez le Féminisme, et encore heureux, non ?

 

+ Quand dépasserez-vous la notion de domination masculine ?

+ Quand cesserez-vous de faire du prétendu féminisme dont vous semblez êtres les étendards médiatiques un inventaire victimaire qui appauvrit de manière considérable le discours sur la réussite des femmes ?

+ Quand cesserez-vous d’affirmer l’homme est par nature un prédateur pour la femme ?

+ Quand reconnaîtrez-vous que l’évolution du statut de la femme dans nos sociétés ne pourra se faire qu’avec les hommes ?

 

Pour conclure, je souhaiterais citer Elisabeth Badinter, qui dans "Fausse route" évoque ce double sentiment de malaise, que je ressens aujourd’hui face à une certaine conception du féminisme. « Reste un double sentiment de malaise. (…) Il n’y a pas une masculinité universelle mais de multiples masculinités, comme il existe de multiples féminités. Les catégories binaires sont dangereuses parce qu’elles effacent la complexité du réel au profit de schémas simplistes et contraignants. Malaise aussi à l’égard de la condamnation en bloc d’un sexe qui ressemble à du sexisme (…) La condamnation collective d’un sexe est une injustice qui relève du sexisme »

 

A propos du concept de « domination masculine », voici ce qu’écrit la philosophe: « Ce concept attrape-tout, en enfermant hommes et femmes dans deux camps opposés, ferme la porte à tout espoir de comprendre leur influence réciproque et de mesurer leur commune appartenance à l’humanité » Je ne peux qu’adhérer à cette vision. Le Vivre Ensemble, basta.

 

- La video virale -


Osez le clito n°1 par osezlefeminisme

Bon voilà, ça c'est dit, maintenant je sors la cotte de maille ;-)


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Commentaires

    Article très intéressant. Je crois que là où se fourvoie OLF et à peu près tous les mouvements militants qui font de la communication de masse comme ça, là, c'est qu'ils réduisent de trop le propos. Forcément, on parle en terme de cible, de toucher un maximum de gens avec le plus petit dénominateur commun.
    Mais du coup, le problème, c'est que (ainsi que j'ai pu le lire sur Twitter), ça conforte les gens dans leurs stéréotypes vis-à-vis des féministes, et ça c'est assez triste.

    Faut pas trop mâcher le travail aux gens, sinon, on leur sert juste une grosse bouillie fâdasse.

    Posté par Whirl, mardi 21 juin 2011 à 17:39
  • Ce que tu dis là est très juste, c'est le problème de la communication de masse. Le féminisme qui écrase l'homme est contraire à mes idéaux humanistes et j'ai beaucoup de mal à assimiler ce genre de propos.
    Le féminisme, pour moi, c'est comme pour toi le droit des femmes en vu de l'égalité entre les sexes. L'homme n'est pas un prédateur mais a été fabriqué socialement comme "plus fort" d'une certaine manière. L'"ennemi", s'il y en a un, n'est pas l'homme mais la société dans laquelle hommes et femmes évoluent. Ça me rappelle un paragraphe de Virginie Despentes dans "King Kong Théorie" (que je n'ai plus sous la main), où elle rappelait qu'on apprend aux petites filles dès le plus jeune âge que l'homme est mauvais, donc ne pas s'habiller trop court, ne pas trop se maquiller, etc., mais qu'on ne leur (nous) apprend pas à se défendre contre cet ennemi pré-désigné. L'homme est donc dans une case très négative et la femme est cantonnée à la case de victime. Belle image !

    Posté par Stéphanie, mardi 21 juin 2011 à 18:19
  • @Whirl: Avant de poster ce billet, je pensais que je serais la seule à avoir une vision moins idéale du propos d'OLF. Je suis d'accord avec toi, cette histoire de clito contribue à nourrir les clichés sur les féministes vindicatives et anti-mec. Je ne suis pas pour !

    @Stéphanie: C'est marrant que tu cites ce bouquin je l'ai lu dernièrement et force est de constater que Despentes dépote! Je vois le passage auquel tu fais référence. Vraiment, je pense que nous n'arriverons à rien en restant dans un discours communautariste qui exclut les hommes. Badinter le dit très bien, nous partageons tout de même une "commune appartenance à l'humanité", et cela, les orthodoxes du féminisme semblent l'oublier!

    Merci pour vos commentaires ici, sur Twitter et sur FB !

    Posté par Anaïs Misfits, mardi 21 juin 2011 à 19:55
  • D'accord, mais...

    Salut Anaïs

    Je suis assez d'accord avec toi. En fait, au début, j'étais assez motivée par OLF, et je suis de plus en plus déçue...
    Ce qui me gêne le plus dans cette campagne, c'est que je la trouve trop agressive. Communiquer sur le clitoris est une très bonne initiative. Mais étaler des affiches dans toute les villes représentant un clito, franchement, je dis non. Plus jeune, ça m'aurait choquée, et je comprends que les gens veulent pas qu'on leur impose ça. Ok pour des brochures, des conférences, des articles sur internet. Ok aussi pour qu'on sensibilise les éditeurs/auteurs de bouquins sur la sexualité, adressés aux jeunes, sur cet organe. Mais pas la peine de mettre des images d'organes génitaux partout dans les rues !

    " le « vrai » féminisme ne s’adresserait-il qu’aux adeptes du saphisme ? "
    Pour leur défense, ils ont juste dit " pas forcément complémentaires du sexe masculin". Et je comprends qu'elle veuille éliminer ce préjugé... Combien de fois ai-je entendu des gens dire "mais comment elles font les lesbiennes pour ... ?". Il y a quand même une sorte de normalisation de la sexualité, qui passerait essentiellement par la pénétration.

    Enfin, j'avoue ne pas être d'accord avec toi à propos de ta perception du concept de domination masculine. Je pense réellement qu'il y en a une, partout, et quasi-invisible (les femmes se font plus souvent interrompre et ont moins droit à la parole ; au travail, elles sont jugées moins compétentes que leur collègues ; à l'école, on les considère comme moins douées ; etc etc.). Et ce concept me paraît très cohérent avec beaucoup d'observations quotidiennes. Bref, je pense qu'il y a une domination masculine, et pourtant, je n'ai absolument aucun problème avec les hommes.

    Quand je lis qu'il y a du racisme "inconscient" partout, idée soutenue par les études sociologiques (par exemple : en moyenne, on aura tendance, sur un banc public, à s'asseoir plus près d'un blanc que d'un noir ; on va juger un noir en moyenne moins compétent qu'un blanc ; etc etc), je ne prends pas ça pour une insulte envers les blancs. Je suis blanche, et je considère qu'il y a une réelle domination des blancs sur les noirs. Ça ne me gêne pas.

    J'avoue, j'ai pas envie de dire "il n'y a pas de domination", juste pour ne pas blesser certains. Pour moi, les faits indiquent qu'il y en a une.

    Après, je suis absolument d'accord que les discours culpabilisants et agressifs, c'est non seulement pas très sympa, mais en plus absolument contre-productif... Informer, discuter, courtoisement, voilà qui fera avancer le schmilblick

    Si vraiment une tranche de la population masculine souhaite garder ses privilèges (comme à l'époque des suffragettes, où certains étaient contre le vote des femmes), si vraiment il faut batailler, ben je pense que cette "guerre des sexes" est nécessaire !

    Voilà, ça me donnait envie de réagir ! Parce que je ne suis pas misandre !
    Bonne continuation pour ton blog, et à bientôt !

    Posté par Antisexisme, mercredi 22 juin 2011 à 09:13
  • Bien sûr !

    Merci pour ton commentaire, comme toujours avec toi très argumenté et très instructif !
    Pour te répondre, je trouve que ce sont elles qui alimentent le cliché de féministe = lesbienne en orientant leur discours en mettant systématiquement l'homme à l'écart.
    Et, bien-sûr que le sexisme est partout, même là où on ne l'aurait pas soupçonné. C'est d'ailleurs l'objet de ce blog : les publicités, les opérations de com, les campagnes des annonceurs regorgent de ces clichés abominables. Et je m'applique à les dénoncer. Pour autant, je ne suis pas pour un féministe qui victimise systématiquement les femmes. Car de mon point de vue, il contribue à peu près autant à dégrader l'image de la femme : citoyenne à part. Avant, quand une femme accédait à un poste à responsabilités, on disait "elle a couché". Maintenant, après avoir asséné ce discours sur ce que la femme est une minorité, il y a suspiscion de "charité" : on met une femme parce que ça "adoucit" l'image de l'entreprise, "incarne" l'engagement RSE de l'entreprise. Dans mon environnement professionnel, ce genre de poncifs sont légion. Et je me dis que voir la femme sous le prisme négatif ne contribue pas à son émancipation. Dénoncer oui, dégrader non. A nouveau merci pour ton commentaire !

    Posté par Anaïs Misfits, mercredi 22 juin 2011 à 10:11
  • une guerre de retard ? un combat encore à mener ? Les deux votre honneur !

    Bonjour,

    merci pour votre blog et votre commentaire sur Osez le féminisme.

    Je suis militant du PS, homme éduqué de 37 ans (pour vous situer d'ou" je parle") et je ressens a priori l'initiative du collectif comme une bonne chose, en terme notamment de rappel de toutes les formes possibles de mysoginie encore existantes en France, pour un rappel aussi de ce que le machisme ordinaire peut contenir de conneries, de bêtise et en effet de violence...

    pour autant, j'ai moi aussi la sensation que OLF enfonce parfois, sans doute à son corps défendant, des portes ouvertes...et participe aussi à une forme de "guerre des sexes" ouverte, qui ferait effectivement de chaque homme un prédateur en puissance ou un exploitateur des femmes, et de chaque femme, une possible et probable victime...

    L'analyse de la campagne d'osez le clitoris, sympathique, rigolote avec cette affiche à la Wolinsky, me semble ainsi faire fausse route :

    d'après les dernières études sur les pratiques sexuelles des français, 90% des hommes pratiqueraient le cunilingus, la masturbation féminine et masculine serait équilibrée, de nouvelles tendances, celles liées au plaisir anal masculin, seraient en train de poindre...

    On a l'impression que la campagne d'OLC s'attaque à la sexualité de papa ou de grand papa...


    En fait, les campagnes sur le plaisir féminin existaient en France déja dans la fin des années 60 et 70, l'introduction des travaux des sexologues ayant commencé en France à la fin des années 50...la structuration du mouvement féministe dans l'avant et l'après 68 a été largement documenté...

    j'ai donc un peu l'impression qu'OLC a une guerre de retard...

    Au demeurant, je trouve plutôt réjouissant que la prise de parole médiatique faite par Caroline De Haas existe, suscite le débat, permette d'attirer l'attention sur "les"féminismes...ceux de Badinter et d'Agasinski, "historiques", plus universalistes, ou ceux d'osez le féminisme et de la barbe, plus "essentialistes"...

    je regrette simplement la dimension répressive qu'ait pris le collectif sur la question des travailleuses sexuelles en s'alignant sur la position du Gouvernement en matière de repression du client. je me reconnais davantage dans les positions du STRASS...

    il est difficile en tant qu'homme de rentrer sur le terrain de l'expression publique en matière de féminisme ou sur les questions touchant "aux femmes", car on se trouve souvent soupçonné d'hypocrisie, ou soupçonné de plaidoyer pro domo pour tout le genre masculin...

    mais cela n'empéche pas d'essayer )

    Posté par Boris, mercredi 22 juin 2011 à 12:39
  • hum...

    Bien que je ne partege pas les idées d'OLF sur de nombreux pts: prostituion, GPA, pornographie etc. je te trouve juste légèrement dure avec la campagne. Je trouve que l'idée d'une telle campagne est intéressante, mais en effet, je suis d'accord avec toi sur la majeure partie de ce que tu dis.

    Je trouve leur campagne maladroite et elle reflète leur vision du féminisme, essentialiste, ça je suis d'accord. En revanche, je ne crois pas que leur féminisme soit lié de qq sorte que ce soit qu'aus lesbiennes. Et même, j'ai envie de dire que leur féminisme reste très hétéro (je ne blâme pas non plis, simple remarque). je suis lesbienne et je ne me reconnais absoluement pas dans leur féminisme, d'ailleurs, la plupart des mes amies lesbiennes féministes ne s'y reconnaissent pas non plus et se reconnaissent plus dans le féminisme prosex d'Emilie Jouvet ou de Despentes qui par ailleurs, n'est pas antimec, mais qui a compris que la sosicté était l'ennemi. OLF semble croire que l'ennemi sont les hommes.
    Je ne suis pas d'accord quand tu dis que ce féminisme là ne peut parler qu'aux lesbiennes, c'est exactement le contraire. le féminisme prosexe majoritairement leadé par des activistes lesbiennes travaille avec les hommes et est universaliste.

    Le problème avec OLF c'est qu'il est trop bien médiatisé et tourne parfois en ridicule et rend le féminisme parfois peu crédible ayux yeux des gens. Je toruve cela dommage, parce que tout n'est pas mauvais chez OLF, mais je ne m'y reconnais absolument pas.

    En revanche, et dernier point, la sexualité étant politique, faire une campagne sur le clitoris n'est pas une campage sur le sex ou sur la chatte, mais bien une campagne sur plan politique, et c'est très important. Le clitoris est un exemple; parmi tant d'autres de la domination masculine (je me comprends) de manière sociale. (La domaintaion existe mais elle échappe aux mains des hommes, elle appartient surtout à l'élite financière et politique) car ça arrange bien le capitalisme. Bref. Sur ce.

    Posté par Sarah, mercredi 22 juin 2011 à 13:15
  • Tout à fait !

    @Boris : Peu d'hommes se sont exprimés sur le sujet - hormis les blagues vaseuses et les considérations scabreuses sur l'affiche, alors pour cela un très grand merci. Je partage ton propos. La domination masculine existe mais je pense qu'hommes et femmes ne sont pas ennemis par nature. Merci de venir le re-confirmer ! A très vite sur le blog !

    @Sarah : Merci d'avoir pris le temps de m'exposer ton point de vue. Je suis ouverte aux échanges et c'est appréciable de pouvoir débattre sans que cela vire au vinaigre. Je suis d'accord avec toi, j'ai pris le parti d'y aller cash, du coup le rendu l'est tout autant. Je m'attendais à ta remarque sur les lesbiennes. Je n'affirme pas que seule une lesbienne peut se reconnâitre dans le discours d'OLF. Je pose simplement la question si, au contraire, ce ne sont pas elles dans "leur" conception du féminisme dans laquelle l'hétérosexualité apparaît comme une concession au sexe dit "fort", qui d'emblée excluent certaines femmes de leurs scope. Et j'imagine très bien que toutes les lesbiennes ne s'y retrouvent pas. J'espère avoir répondu à tes remarques. Et encore une fois, merci !

    Posté par Anaïs Misfits, mercredi 22 juin 2011 à 14:08
  • Je dirais même, je pense même que plus d'hétéros s'identifient à OLF et les lesbienne au fémisme prosex qui s'allie aux théories queer.

    Posté par Sarah, mercredi 22 juin 2011 à 22:46
  • Vu sur le nouvelobs

    Bonjour,

    J'ai suivi ton lien depuis le nouvel obs, bien contente de trouver une féministe comme toi. Je suis une femme, féministe mais qui ne se reconnaît ni dans Osez le féminisme qui frise la misandrie, ni dans Ni Putes Ni soumises trompe-nez raciste, et les associations féministes qui ne servent pas à masquer une politique raciste sont pour la GPA... et moi je suis contre. Résultat je n'ai ma place dans aucune association féministe. A moins que tu en aies une à me conseiller ... Rajoutis : je partage ton point de vue sur cette campagne ...

    Posté par amonhumbleavis, jeudi 23 juin 2011 à 13:29
  • Merci

    @amonhumbleavis : En effet, je te comprends, c'est dur de trouver "chaussure à son pied" dans la constellation des associations et collectifs dits "féministes". Moi j'ai pris le parti de parler de tout librement, sans pour autant m'adosser à une ligne prédéfinie. Les chamailleries entre féministes m'exaspèrent et ce n'est pas faute d'essayer de dialoguer, mais sur Internet comme dans la "vraie" vie c'est "tout pour ma gueule" et Dieu pour tous. Merci encore pour ton commentaire et à très vite sur le blog. Bonne fin de journée, Anaïs

    Posté par Anaïs Misfits, jeudi 23 juin 2011 à 16:06
  • Quelques commentaires...

    Bonjour,

    Tombée par hasard sur votre article et intriguée par votre propos, je me suis rendue sur le site web de la campagne en question afin d'y jeter un coup d'œil. A présent, je suis perplexe... sur votre article !
    Tout d’abord, je me présente vite fait : je suis une femme, j’ai 35 ans, je travaille en région parisienne et oui, je me définis comme féministe. Cependant, de par mon tempérament, j’ai toujours eu une certaine réticence à adhérer à un quelconque mouvement, politique ou autre. C’est pour cette raison que je ne suis pas une « militante », et non pas par opposition aux mouvements féministes actuels qui me semblent représenter, dans leur variantes, la diversité des femmes françaises. Du coup, ces mouvements ont du mal à accorder leurs violons puisqu’ils sont souvent issus, entre autres, de milieux sociaux différents. Mais la présence de débats au sein des mouvements féministes me semble très saine : ça prouve que dans son ensemble le féminisme est un mouvement dynamique intellectuellement.

    Ceci étant dit, je ne comprends pas l’objet de votre attaque contre cette campagne. Je connais mal Osez le Féminisme donc je vais me baser uniquement sur le site www.osezleclito.fr.
    D’une part, à quel moment cette campagne fait-elle preuve de sexisme envers les hommes et le fait-elle passer pour un prédateur ? Objectivement, je ne vois rien qui insulte les hommes dans tous ces rappels sur le clitoris.
    Concernant l’utilité du truc, il est possible que les rappels anatomiques aient l’air d’avoir vingt ans de retard aux yeux de certains. Pourtant, je vais vous faire une confidence : si aujourd'hui le premier chapitre du site ne m’apprend rien, je peux vous dire que j’ai découvert tout ça par moi-même à un âge assez tardif (vers 19-20 ans) parce que personne ne m’avait jamais ne serait-ce que mentionné le mot « clitoris » pendant mon adolescence. J’ai eu droit aux cours d’éducation sexuelle de rigueur au lycée, mais cet organe y avait été "oublié". Quant à chez moi, on pouvait parler de tout, mais alors vraiment de tout... sauf de sexe. Comme je vous l’ai dit, je suis trentenaire, donc la période de mon adolescence remonte à une vingtaine d’années. Mais je suis sûre que même aujourd’hui, dans certaines familles traditionnelles, nombre de jeunes filles ont une idée vague de ce qu’est le clitoris.

    Conclusion : ces rappels sont utiles, peut-être pas pour toutes, mais pour certaines. Et pour certains ! Car parler de clitoris n’exclut en rien les hommes, au contraire. C’est ouvrir une porte aux hommes mal informés, notamment aux jeunes, vers l’intimité des femmes. Croyez-le ou non mais parmi les « 12 idées reçues » mentionnées sur le site, il y en a certaines que j’ai déjà entendues ! De même que j’ai entendu des hommes persuadés que la ménopause marquait du même coup l’arrêt total de la libido des femmes. Et oui, ces idées délirantes sont encore d’actualité.
    Quant à la partie sur l’excision, elle me semble nécessaire. Vous remarquerez qu’elle vient en dernier, puisqu’elle concerne une minorité de femmes en France. Mais une majorité dans d’autres pays : il ne faut pas voir que midi à sa porte, surtout quant il s’agit de pays où la langue française est utilisée par pas mal de gens. Je suis sûre qu’on a tous croisés une femme excisée dans notre vie.

    Pour répondre à la question « Quand dépasserez-vous la notion de domination masculine ? » que vous posez à OLF, je prends leur défense en vous posant une autre question : peut-on revendiquer une « égalité » hommes-femmes sans admettre que l’on part d’une situation de « non égalité », donc de domination sociale ? Si je me réfère à cette campagne, quand OLF parle de domination, c’est un système qui est pointé du doigt, pas tous les mâles français pris individuellement. En d’autres termes, ce n’est pas parce qu’on dénonce la domination masculine en tant que système que l’on voit en chaque homme un prédateur ou même un dominant. Il faut juste savoir que ça existe, que certains hommes profitent du système, des mentalités. Par exemple, quand il y a plainte pour viol contre une célébrité (ou même contre n’importe quoi, en fait), est-il possible que la plaignante ne soit pas à un moment ou à un autre traitée de pute ?

    Pour ma part, j’estime avoir fait l’expérience du machisme à de nombreuses reprises tout au long de ma vie (éducation, monde du travail, mauvaises rencontres), mais ça ne m’empêche pas d’avoir une très bonne relation avec mon père, avec mon frère, avec mes petits amis et avec tout un tas de potes masculins !
    Enfin, ce n’est pas parce qu’on dénonce un système qu’on fait de la « victimisation » ou qu’on « condamne » toute une partie de la population. Ou alors il faut condamner toute la population parce que tout le monde, hommes ou femmes, participe à ce système et entretient les mentalités machistes. Les féministes sont souvent les premières à le dire.

    M

    Posté par Lisbeth, mardi 19 juillet 2011 à 20:04
  • Il y aurait beaucoup à dire

    Bonsoir Lisbeth, tout d'abord merci pour le commentaire. Pour ce qui concerne le caractère anti-mec du propos, je renvoie dans mon post à la précédent campagne d'OLF, sur le viol. Je t'invite à lire mon post sur le sujet. Le manifeste ne respire par le vivre ensemble. Et cela je le déplore. Mon problème c'est qu'aujourd'hui le féminisme se résume à OLF. Or il existe d'autres manière de vivre la défense du droit des femmes. Je ne fais pas partie des femmes qui dénoncent la sexualité comme LE lieu de la domination masculine. On n'y changera rien, c'est l'homme qui pénètre la femme et deux mille ans de féminisme n'y changeront rien. Pour le reste, je t'invite à lire mon post sur l'affaire DSK. Je crois que nous sommes plutôt d'accord ! Au plaisir d'échanger avec toi, ici ou par mail. Bonne soirée !

    Posté par Anaïs Misfits, mardi 19 juillet 2011 à 20:16
  • une déçue de plus...

    merci Anaïs pour cet article... moi aussi je suis assez déçue d'OLF même si par principe je soutiendrai tjrs les mouvements féministes... Badinter me gonfle pour tout te dire mais le passage que tu cites est je trouve fort pertinent... j'avais adoré XY d'elle par ailleurs... mais son discours à la limite de l'anti maternité/allaitement m'a saôulé... c'est dailleurs un peu ça qui a fini par ma gaver à OLF : faire figure de minorité en tant que 30aire mère et en couple hétéro... vous allez dire que Caroline de Haas est mère elle aussi... mais il y a un côté à OLF ligne de parti en effet, discours dominant qui ma gave... c le risque avec n'importe qu'elle assoc... alors que faire ???? je n'ai tjrs pas trouvé chaussure à mon pieds en matière d'asso féministe... je l'ai pas toute faites non plus... mais dès qu'on s'éloigne de leur égalitarisme on est facilement taxé d'essentialiste... ce qui est faux... je voulais juste souligner quand tu dis "sauf que les hommes ont un pénis et pas les femmes" on peut aussi dire que les femmes ont un vagin et un utérus capable de fabriquer un enfant et pas eux... un détail juste pour pas faire dans le phallocentriste qui justement nous agaçe... enfin voilà : moi aussi les vidéos d'OLF me paraissent très stéréotypées et un peu anti hommes même si elles s'en défendent... alors oui notre société a trop longtemps été anti femmes, mais je ne souhaite pas tomber dans l'excès inverse : comme les terriennes sur TV5 monde qui sous titre "des nouvelles de la meilleurs partie de l'humanité" : eh bien je ne suis pas d'accord, oui les femmes sont globalement plus pacifistes que les
    hommes sans doute parce qu'elles portent la vie (je me faire tuer on va me traiter d'essentialiste alors que je n'adhère pas au théories naturalistes pas plus qu'au théories du genre dès lors qu'elles virent à l'idéologie). pour autant je trouve pas ça intelligent ce sous titre... petite vengeance qui flattent les femmes ok... mais est ce bien nécessaire ??? des nouvelles de la moitié de l'humanité ou un truc du genre aurait été plus judicieux...

    Posté par sainkho, samedi 18 août 2012 à 18:14
  • nous avons un vagin

    euh... "c'est l'homme qui pénètre la femme" et alors ?????? la femme prend l'homme aussi avec son vagin faut pas croire hein... ils ont cette impression d'être happés ces messieurs... faut arrêter justement de confondre pénétration et agression ou je sais pas quoi... moi aussi ça m'a agaçé ça une discussion avec des féministes type OLF, lesbienne qui te dise que la sexualité hétéro serait en gros du viol... ben désolée les filles mais je crois qu'on est bcp à aimer la pénétration et qu'on la considère pas comme du viol... c'est dingue... limite je les agressais en leur disant que non je ne vivais pas ça comme ça et que non je me sentais pas conditionnée par je sais pas quelle culture pornographe, je suis pas une adepte de la pornographie qui a mon avis fait des dégats sur les jeunes esprits sans éducation sexuelle opur compenser par ailleurs;.. je crois que ces femmes ne connaissent pas en fait les hommes... et ne se sont pas trouvées vraiment en tant que femmes... ce que je peux comprendre vu qu'il n'y a pas d'éducation sexuelle... on a fait n'importe quoi avec la sexualité... ces vidéos de filles se masturbant je sais pas j'ai pas compris j'ai trouvé ça super banal... je comprends pas bien qui ça pouvait libérer à part peut être des filles éduquées dans une culture catho extrêmiste... je sais pas... y'a encore bcp de parents qui empêchent leurs filles de se toucher ??? enfin bref... vaste débat...

    Posté par sainkho, samedi 18 août 2012 à 18:21
  • Vaste débat en effet !

    @sainkho Merci pour tes commentaires. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Dans un autre genre, j'ai traité le sujet sous un autre angle, un billet que je t'invite à lire : http://anaismisfits.canalblog.com/archives/2012/03/08/23705224.html
    N'hésite pas à me dire ce que tu en penses !
    A très vite j'espère sur le blog,
    Anaïs

    Posté par Anaïs Misfits, lundi 20 août 2012 à 14:14

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