Anaïs' Misfits

Le blog anti-miso-boulot-dodo. Le récit de mes méfaits diurnes et/ou nocturnes. Blog d'humeur et de mauvaises humeurs.

jeudi 8 mars 2012

Soirée « Féministes en mouvement », la fosse aux lionnes

La fosse aux lionnes parce que pour faire du féminisme un nouvel humanisme il faut bien avoir l’agilité, la force et la vélocité matoise du beau félin, que dis-je, du beau sexe. 

Passionnées, passionnantes, électriques et idéologiques, lors de la soirée "Féministes en mouvement", les joutes verbales furent dignes d’une arène antique. Les mauvaises langues diraient qu’on y a vu le climax du marketing politique clientéliste, l’illustration du paradigme « 50% de l’électorat sont des femmes et c’est bien connu la femme s’intéresse d’abord à la femme et plus que les hommes ». Quoi qu'il en soit l'initiative a eu le mérite d’exister.

Sinon, au début ma grande soirée féministe, ce fut ça :

d_but

Une fois passées les contingences logistiques liées à une organisation flottante (rapport à la pluie qui s’est abattue sur notre vingtaine de pauvres refoulées à l’entrée bien que détentrices d’invitation), et après 1h15 de tractations, nous avons pu assister aux échanges, derrière la régie et les journalistes. A coups de sifflets, de harangues et après frittage plus tellement courtois avec une des organisatrices…« On va vous faire rentrer. On va faire deux groupes », « vous n’avez pas de banderoles ? », « et vous montez en silence hein». Oui, nous discipline. Debout, pas problème.

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Une salle chauffée à blanc, très ostensiblement très à gauche, et qui ce faisant, s’étonne qu’aucun candidat de droite n’ait eu la décence de se présenter dans l’arène. Il est vrai que le comité d’accueil réservé à François Hollande fut des plus chaleureux…hué, interrompu par la salle lorsqu’il parle des Français et non des FrançaiSes, la salle jugeait sur pièce ce qu’elle semblait tenir pour la fameuse « gauche molle » – parmi les organisatrices figurent des proches de Martine Aubry, peu tendres à l'égard de l’adversaire victorieux des primaires – conspué à coup de «DSK partout justice nulle part» tandis que pleuvaient des tracts et avant que le service d’ordre n’intervienne et n’évacue les dangereuses trouble-fête.

La preuve en images 


Peut-être qu’une de leurs représentantes aurait pu poser une question au candidat. Mais il n’était pas question d’ébranler le Parti Socialiste (enfin, pas trop), Caroline de Haas, encartée au PS, étant aux commandes.

Juste à temps, donc, pour entendre Jean-Luc Mélenchon - qui semblait avoir ravi la salle avant même d’y avoir fait son entrée- Eva Joly - huée par des partisanes de l’abolition de la prostitution parce qu’hostile à la pénalisation des clients tant elle fragilise les prostituées- François Hollande ¬ chahuté donc, mais brave dans l’adversité - et Philippe Poutou - approximatif et quelque peu esseulé . En effet, une fois l’intervention de François achevée, la salle s’est vidée au deux tiers. Ces dames du PS confortablement assises sous les dorures de la Cigale, ont levé l’ancre, en brochette. « Au revoir Elisabeth Guigou, Sylviane Agacinszki, au revoir Edith Cresson, vous n’assistez pas à la fin des débats ? » … Pas de réponse. Foutre je suis allée me faire.

François Hollande avait pourtant bien calibré ses messages « Je ne suis pas né féministe, je le suis devenu ». Non vraiment, François n’a pas eu de bol : avant de quitter la scène, c’est Yvette Roudy - ministre des Droits de la femme de Mitterrand de 1981 à 1986 - qui s’y hisse et l’interpelle sur ces « voyous des banlieues » contre lesquels il faudrait vraiment faire quelque chose. Et là, re une louchée de huées. Et on peut comprendre.

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Un sketch sur la self-defense invitant sur scène un des hommes présents dans l’audience, drôle au dé but, mais dans lequel on fait mine de mutiler les fragiles attributs du pauvre mâle sur scène, n’a quant à lui pas fait rire ses congénères tapis dans la salle (pour la plupart techniciens et journalistes). Façon « pfff elles en ont pas marre de nous casser les couilles ».

« Le féminisme est politique » lisais-je ce matin. Comment interpeler les candidats en étant encarté auprès du parti de l’un d’entre eux. Faire avancer la cause des femmes est une chose. L’instrumentaliser à des fins politiques – je serai curieuse de savoir qui sera nommée au Ministère des Droits de la Femme évoqué par le PS – est autre chose.

L’orthodoxie féministe qui consiste à ordonner un point de vue et à s’ériger en ligue de vertu je la refuse. Une certitude désormais, je suis résolument une apatride du féminisme d’école, institutionnalisé, médiatique et patenté.

Pour un reportage plus factuel et très juste de la soirée, je vous invite à lire l’article "Concours de féminisme pour les candidat(e)s" de Diane Saint-Réquier sur l’Express.fr

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/concours-de-feminisme-pour-les-candidat-e-s_1090980.html


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Posté par anaismisfits à 01:16 - Ma vie Mondaine - +++ Laissez-moi vos commentaires +++ [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bon, finalement tu as pu venir ?

    Ton billet me semble juste.
    Pour ma part, il me faut un peu plus de temps pour laisser retomber la mayonnaise et analyser plus à froid.

    Je pense que parfois les questions aux candidats n'étaient pas à hauteur des enjeux.

    Par exemple j'ai regretté que François Hollande n'ait pas été poussé dans ses retranchements concernant les retraites des femmes, 48% moindres que celles des hommes avec nombre de carrières incomplètes à l'heure de la retraite. Sachant qu'en plus 2 bénéficiaires de l'ASPA ( minimum vieillesse) sont des femmes, je pense qu'il fallait aller jusqu'au bout du questionnement, les pensions retraites étant le reflet d'une inégalité salariale et professionnelle inouî encore à l'heure actuelle.

    Mais rien, des réponses biaisées...

    Posté par Circé, jeudi 8 mars 2012 à 12:42
  • J'ai l'impression que c'est l'inverse : instrumentaliser la politique à des fins féministes... Un moyen de peser. La soirée était organisée par les "féministes en mouvement", donc 45 associations féministes, il n'y a pas la dedans que Caroline de Haas (mais je suis une petite rookie du militantisme féministe, peut être que je ne saisis pas tout)

    Posté par Justine, jeudi 8 mars 2012 à 13:42

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